Quelques conseils à suivre  :

Des que vous envisagez sérieusement  une séparation prenez le temps de préparer en copie et mettre en lieu sûr des documents qui seront peut être difficiles à rapporter en cas de conflit déclaré :

- Relevés de comptes bancaires
- Bulletins de salaires (des deux !) des 12 derniers mois
- Déclarations d’impôts (revenus, fonciers, taxe d’habitation)
- Bail / Quittances des loyers
- Livret de famille
- Copie Carte Vitale
- Certificats de scolarité des enfants
- Carte Grise des véhicules
- Factures Téléphone, EDF, GDF, assurances,
- Tableau d’amortissement des crédits en cours
- Contrat de mariage
- Justificatifs de dépenses d entretien des enfants (école privée, cours, activités extra scolaires…)
- Factures objet personnel de valeur
- Justificatifs en cas de donation familiale
- Photos, courriers, mails qui peuvent prouver un grief allégué contre le conjoint.
- Révoquer les donations faites entre époux
- Vider son compte bancaire : oh que c’est vilain… mais pas de vol entre époux !
- Retirer la délégation de signature



Vous avez préparé votre dossier mais n'abandonnez pas votre domicile conjugal et ne laissez jamais les enfants!  

Evitez de quitter votre domicile conjugal sans y être autorisée par la juge. le devoir de cohabitation découle des obligations des époux .

Vous pouvez dans certaines circonstances et pour des motifs légitimes quitter votre domicile conjugal en cas de :

- violences ou de mauvais traitements, de sévices envers vous ou vos enfants...
- par l'inconduite notoire ou l'infidélité de votre mari .

Dans ce cas, vous pourrez accélérer la procédure par l'intermédiaire de votre avocat qui déposera auprès du juge une demande de mesures urgentes qui aura pour but de vous autoriser à résider séparément .

Pour ce faire munissez-vous de toute les pièces qui pourraient justifier votre demande : certificats médicaux, attestations de votre entourage, ...

Si la situation est urgente et que vous ne pouvez plus attendre, faites en tout état de cause une déclaration dite de " main courante " au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche, en expliquant brièvement votre situation et les raisons pour lesquelles vous quittez votre domicile, c'est considéré comme un commencement de preuve.

 

Faites un point très précis de votre situation financière

Vos devez prévoir une réserve de quelques mois d‘avance, le temps d’obtenir une pension alimentaire

Les comptes bancaires : à faire  juste avant !

1. Révoquez les pouvoirs et les procurations que vous avez pu consentir à votre conjoint sur vos différents comptes si tel était le cas.

2. Ne virez plus votre salaire sur un compte joint et ouvrez un compte personnel dans une autre banque.

3. Clôturez votre compte joint, théoriquement il vous faudra l'accord de votre conjoint pour le faire. En revanche, vous pourrez désormais imposer la double signature sur l'émission d'un chèque, ce qui évitera d'engager votre responsabilité.

Si votre conjoint décide de vider le compte commun et de le rendre débiteur n'oubliez pas que vous êtes responsable tant civilement que pénalement en ce qui concerne l'émission de chèques sans provision. Chaque banque a ses propres règles, tout est question de pratique en la matière et si vous procédez de la sorte et que vous prenez les devants, cela prouvera au moins votre bonne foi en cas d'éventuels problèmes.

N'oubliez pas, que vous restez assujettie au devoir de secours et d'assistance et que par conséquent vous ne pourrez vous soustraire à cette obligation.

 

Faites un inventaire détaillé de votre patrimoine immobilier

Vous allez devoir partager tous vos biens (meubles, objets mobiliers de votre appartement et/ou de votre résidence secondaire). Ne sous-estimez pas la capacité de nuisance de votre époux : vente, dissimulation, destruction d'une partie du patrimoine.
- Demandez à un huissier de venir dresser un constat. Même si cette procédure n'est pas obligatoire, c'est tout de même plus probant .
- Photographies, factures, évaluation d'expert, sont autant d'éléments indispensables pour matérialiser la réalité de la valeur de votre patrimoine.

Un bon dossier peut vous éviter bien des déboires

Pourquoi ?

Pour justifier de votre niveau de vie, prouver votre bonne foi, démontrer la consistance des revenus de votre conjoint.

Pour ne pas vous laisser surprendre par votre conjoint. (Prémunissez-vous contre des surprises éventuelles avant la procédure : portefeuille d’actions qui disparaît sans laisser de trace...)
Pour maîtriser les négociations.

Etablissez un bilan financier concernant votre train de vie habituel : loyer, remboursements d’emprunts, charges diverses, nourriture, vêtements, voiture, assurance, frais de scolarité, loisirs et vacances pour vos enfants ...
Ce budget vous permettra de négocier les pensions alimentaires futures pour vous et /ou pour vos enfants. Ne minimisez et ne maximisez pas votre bilan financier, mais soyez le plus proche possible de la réalité. Mais, comme dans toute bonne négociation, demandez un peu plus pour obtenir ce que vous souhaitez. Les juges aiment bien apporter une contribution «légitime » au règlement amiable des conflits.

 

Le fond du dossier : mieux se protéger pour mieux négocier.

Si vous entrez dans un divorce difficile et que vous savez qu’obtenir une pension alimentaire correcte n’est pas une mince affaire. Il va falloir que vous apportiez le maximum de preuves.

En droit français la preuve est libre et c’est donc par tous les moyens possibles que vous pourrez étayer votre argumentation.
Les témoignages de votre famille ( à l’exception de vos descendants), et de toutes personnes (voisins, collaborateurs, amis...) sont valables. Ces témoignages ou attestations doivent être consignés par écrit sous forme manuscrite (Exemplaire type de témoignage : photocopie de la carte d’identité, signature etc.).
Les certificats médicaux, lettres, copies des mains courantes, photocopies, photographies, relevés de comptes bancaires, actes d’huissier pour faire constater, par exemple, l’abandon du domicile conjugal, la disparition de vos meubles ... sont quelques exemples de moyens de preuve.

Le constat d’adultère est un élément qui se pratique de moins en moins. L’objectif est simple : prouver les relations adultères de son conjoint. Ce constat nécessite l’approbation du Président du Tribunal de Grande Instance ou à défaut du Juge aux Affaires Familiales.
Vous entrez dans le conflit ouvert, et il vous faudra joindre des éléments de preuve si vous voulez avoir une chance d’obtenir satisfaction : (rapport d’un détective privé, photographies, courriers...).
En règle générale, les magistrats répugnent à mettre en place ce type de procédure. Le respect de la vie privée devient un élément important que le juge prendra en considération, tout est une question de point de vue. Si vous pouvez éviter ce type de démarche, abstenez-vous.

Voilà, en résumé, les quelques petits conseils concernant la préparation de votre dossier qui vous seront utiles le moment venu.

 

 

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